Espérer que ça ira mieux sans rien changer, est-ce raisonnable ?
En 2017, j'avais écrit ça : OK, je me dégonfle
Cinq ans plus tard, nous en sommes au même point, à ceci près que la situation a empiré pour la plupart de nos concitoyens, que la colère et l'exaspération n'ont fait que grandir, ainsi, hélas, que la popularité de l'extrême droite.
Je ne récuse aucun des arguments que j'ai utilisés alors, et j'assume pleinement la décision qui en avait découlé. Mais j'hésite cependant aujourd'hui.
J'hésite parce que le sortant s'est révélé encore bien plus brutal que je l'avais imaginé (et pourtant, je pensais avoir imaginé le pire à son sujet).
J'hésite parce que, comme je viens de le dire, on se retrouve avec le même second tour merdique qu'il y a cinq ans, et que surtout, je ne vois aucune raison d'imaginer que ça ne se reproduise pas encore dans cinq ans, puis dans dix ans, en fait à chaque présidentielle jusqu'à ce que finalement le RN prenne le pouvoir, parce que si Macron et ses semblables sont la seule pathétique alternative possible, ça finira fatalement par arriver.
Et espérer changer les choses sans rien changer à la méthode qui a échoué ne me semble pas pertinent.
Certes, la tentation de "protéger" ceux qui ont le plus à craindre de la barbarie fasciste, comme j'ai voulu le faire voici cinq ans, est forte.
Mais celle d'accélérer une fatalité qui me semble inéluctable l'est aussi (dans l'esprit "plus tôt ça arrivera, plus tôt on en sera débarrassés).
Et bien sûr, celle d'abandonner à mes concitoyens plus cons que citoyens la responsabilité de leur incommensurable bêtise et de leur masochisme viscéral (ou de leur syndrome du larbin) est forte également.
Bref, je ne sais toujours pas ce que je mettrai dans l'urne dimanche. Et je doute d'être le seul dans ce cas.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire